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ON THE DEFINITION OF PUBLIC GOVERNANCE

Vol. 41, Issue 3, Sep 2011, Page 38
Benoît Rigaud et/and Johann Jacob

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Introduction

Tout projet de définition de la gouvernance publique soulève des questionnements quant aux transformations de l’action collective et de la conception de la chose publique (Bevir 2007). La difficulté d’une approche définitionnelle de la gouvernance tient ainsi au fait que définir la gouvernance publique revient à poser des questions fondamentales pour l’analyse des politiques: Qui dirige et en vertu de quels principes et règles (Skogstad 2003)? L’action collective peut-elle être effective sans coercition et sans autorité en situation de supériorité hiérarchique (Olson 1965; Ostrom 1990)? Comment concilier les valeurs démocratiques et les attentes des citoyens envers des services publics efficaces (Pierre et Peters 2000) dans un environnement politique marqué par la complexité (Beck 2003)?

Sans chercher dans cet article à répondre directement à toutes ces questions, notre objectif est de clarifier l’acception du terme gouvernance. Pour cela, nous distinguerons dans la littérature quatre approches principales de la gouvernance publique: l’approche normative, l’approche économique, l’approche systémique et l’approche interprétative. En effectuant une synthèse de ces quatre approches, nous proposerons une définition de la gouvernance publique.

L’approche normative

Une des principales sources de diffusion du vocable gouvernance a été le milieu de la firme (Rhodes 1995). La firme étant marquée par les difficultés continues auxquelles elle fait face pour assurer sa cohésion, la gouvernance corporative a été conçue comme un ensemble de règles du jeu permettant d’assurer une coordination efficace entre ses différentes composantes (d’après Paquet 2008a : 9). Selon Rhodes (1995), pour éviter l’éclatement et prétendre à atteindre un niveau optimal de performance, la gouvernance corporative est structurée par trois principes fondamentaux:

  • la transparence et la divulgation de l’information (principe auquel renvoie l’image des organisations de verre);
  • l’intégrité des négociations, c’est-à-dire le fait qu’elles sont sans équivoque et sans élément dissimulé;
  • une allocation des responsabilités et des rôles qui soit claire.

De manière évidente, ces principes font figures d’idéaux. Ils font en tant que tels l’objet d’un important domaine d’étude en gestion et en théorie des organisations (Naciri 2006). Le sens de la gouvernance corporative se superpose alors à celui du concept de gouverne, dans la mesure où la gouvernance corporative serait l’ensemble des mécanismes organisationnels et institutionnels (ayant pour effet de délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des dirigeants) qui encadre leur conduite et définit leur espace discrétionnaire (Naciri 2006 : 2). Les objets de prédilection de ce domaine d’étude sont ainsi l’étude des conseils d’administration, les mécanismes de détermination des orientations stratégiques, de surveillance et d’évaluation de la gestion des entreprises, les structures de séparation et les dimensions contractuelles entre les propriétaires d’une firme (les actionnaires) et ses gestionnaires (la direction et sa technostructure).














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