Bien que la création de l’institution d’Ombudsman remonte à au moins
deux cents ans, sa prolifération dans la société canadienne a lieu
depuis environ trois décennies, la première apparition étant des
bureaux provinciaux d’Ombudsman.
En 1984, la question d’établir si l’Ombudsman de la
Colombie-Britannique avait le pouvoir de faire enquête sur une plainte
liée au refus d’une société provinciale de la Couronne de renouveler un
bail a été entendue par le plus haut tribunal du Canada. Il y a
vingt-cinq ans, la Cour suprême du Canada présentait comme suit la
justification des services d’Ombudsman :
«Depuis une ou deux générations, la taille et la complexité du
gouvernement ont augmenté considérablement tant du point de vue
qualitatif que quantitatif. Depuis l'avènement de l'État-providence
moderne, l'ingérence du gouvernement dans la vie et les moyens de
subsistance des individus a augmenté de façon exponentielle. Le
gouvernement assure maintenant des services et des avantages,
intervient activement sur le marché et exerce des fonctions de
propriétaire, à un degré qui aurait été inconcevable il y a cinquante
ans. Un effet secondaire de ces changements…a été l’exposition accrue à
la mauvaise administration, l’abus du pouvoir et le manque de
sensibilité officielle1.»
L’institution d’Ombudsman a continué à se répandre partout au
Canada, des services d’Ombudsman fédéral étant créés au début des
années 1990. Des bureaux d’Ombudsman fédéraux nouvellement créés
donnent actuellement des services aux secteurs suivants de la
population : les détenteurs de passeport; les contribuables; les
anciens combattants et les fournisseurs.
Les services d’Ombudsman sont généralement définis et décrits selon
les principes fondamentaux d’indépendance, de confidentialité, de
compétence, de réception de plaintes, de recours, d’accessibilité et de
rapports. Le présent article ne décrit aucune de ces notions
fondamentales, il porte plutôt sur comment la création d’un service
d’Ombudsman sert à rapidement déclencher une réduction des réalités ou
des perceptions du secret, de la mauvaise administration ou du manque
de transparence. Bien que l’Ombudsman soit principalement nommé(e) pour
réagir aux plaintes, elle ou il peut indirectement diriger un
changement de culture au sein d’un organisme.
J’ai été nommée en septembre 2008 pour assumer le rôle de la
première Ombudsman de la Commission de la capitale nationale (CCN). La
CCN a le mandat à titre de société de la Couronne de créer, préserver
et faire connaître la région de la capitale du Canada comme expression
du Canada. La création du poste d’Ombudsman de la CCN était un
«recours» proposé dans un rapport spécial d’un comité
d’examen composé de trois Canadiens distingués. Ce groupe a examiné les
grands irritants et les principales contraintes qui accablaient la CCN
au cours des années avant 2006. Le rapport recommandait plus
précisément la nomination d’un Ombudsman pour les raisons suivantes :
1 B.C. Development Corp. v. Friedmann [1984] 2 S.C.R. 447 at 459-461.